Mon approche du thrift, première partie

 

Que ce soit lorsque je partage mes road thrift ou chaque fois que je dévoile une nouvelle collection en boutique, la question qui revient le plus souvent est immanquablement «mais à quel endroit déniches-tu ces trésors ? ».  

La vérité est que je vais aux mêmes endroits que vous pour chiner ; un mélange de friperies, de brocantes et de tables dans les marchés. La différence réside dans ma façon de les aborder.  

Petit guide pour mieux s’y retrouver et surtout tout trouver. 

Je répète souvent l’importance de lister ce que l’on espère trouver. Cette étape trop souvent négligée permet pourtant de s’y retrouver et de sauver un temps précieux une fois la chasse lancée.   

En plus, le fait de rassembler par thèmes nos idées permet de cerner nos goûts et de préciser le style recherché.  Ainsi, moins de chance de faire des achats sur un coup de tête ou d’avoir un look éparpillé.   

Je dresse donc une liste d’objets, de couleurs ou même des textures et des matières désirées.  Pour moi, prendre le temps d’énumérer un à un les objets convoités fait partie du plaisir anticipé.  

Vient ensuite la planification de mes tournées.  J’ai déjà partagé ma façon d’inventorier mes bonnes adresses par catégorie et de classer mes virées par région.  Combinées ensemble, ces 2 habitudes me permettent non seulement de cibler ce que je cherche, mais aussi de mieux m'orienter en fonction de ces données.   

Ainsi, selon l’item désiré et ma connaissance des enseignes spécialisées, je pourrai privilégier telle ou telle friperie ou savoir vers quel brocanteur me tourner.  Cette façon procéder maximise les chances de trouver ce que l’on cherche en sachant quelle adresse tient le plus grand choix de porcelaine ou laquelle propose un vaste rayon de mobilier. 

 

Une fois sur place, là encore certaines "bonnes pratiques du thrift" permettent de mieux tirer son épingle du jeu (et son trésor de derrière les fagots !).  Ma liste en main, je concentre mon attention sur certains items ou matières, (verre ambré, fonte émaillée, un cadre pour décorer…) et je limite le nombre d'articles par visite.  Les étalages étant souvent désordonnés, il est facile de s'emballer, mais rien ne sert de soi-même se disperser.   

J’arpente donc lentement chaque rayon en n’épargnant aucune section.   

Combien de fois un « nouvel arrivage » n’aura pas encore été placé et j’ai trouvé des merveilles avant tout le monde car elles étaient en attente d'être classées.  Chaque centimètre mérite donc d'être inspecté. 

À cet effet, demander au personnel/vendeurs/employés peut souvent aider.  Rappelez-vous que l'approvisionnement est inconstant et que tout n'est pas nécessairement sur le plancher.  Certaines brocantes gardent même les objets précieux sous clé pour qui saura demander ! Il ne faut donc pas hésiter à socialiser et développer des liens avec nos négociants préférés.    

À l’inverse, il peut aussi être payant de se mettre dans la peau des clients ; Il arrive souvent que les gens se désistent au dernier moment et laissent leurs trouvailles dans des lieux insolites.  Certains autres cachent leur butin dans de drôles de recoins en espérant avoir le temps d'y penser.  Aucune pile n'est donc à négliger.  

En ce sens, comme il n’existe pas vraiment de "mise en marché", il est rare que les objets soient disposés pour nous aider à les trouver.  Je n’hésite donc jamais à regarder au sol et à m'agenouiller ou encore fouiller sur le dessus des étagères, quite à grimper.  En somme, c'est une chasse sportive, cette activité!  Il ne faut pas avoir peur de soulever, pousser ou déplacer les montagnes d’objets empilés. 

À ce sujet, les "vrais" admettront avoir déjà couru au fond d'une allée et senti leur cardio s'accélérer à la vue de certains objets bien cachés.  Comme quoi le thrift peut être très physique !

 

Vous êtes déjà essoufflés ? Je suis pourtant loin d'avoir terminé ! En effet, je recommande fortement de répéter ces opérations et de repasser 2 ou même 3 fois dans le même rayon.  Lorsque les normes de sécurité ne contraignent pas le sens de la circulation, j'aime bien arpenter la même section des 2 côtés.  Même si ça peut paraître étrange, l'angle de notre champ de vision fait en sorte qu'on ne voit pas les mêmes objets à chaque passage.  Un deuxième coup d'oeil en vaut donc souvent la peine.   

Pour appuyer mes dires, je trace souvent le parallèle avec le fait que les occidentaux balayaient du regard de gauche à droite car nous sommes conditionnés à lire de cette façon depuis la tendre enfance.  À l'inverse, l'alphabet arabe se lit de droite à gauche, et on sait que les caractères japonais se rédigent traditionnellement de haut en bas.  Changer de point de vue prend donc tout son sens et ce simple fait suffit pour me convaincre que le thrift karma n'est parfois qu'une question de... perspective !  

Évidemment, toutes ces précautions et petites attentions prennent du temps.  Pas étonnant que pour moi le thrifting soit un passe-temps "lent" et synonyme de slow-living.  Ceci-dit, un peu comme dans la fable de Lafontaine, je me répète souvent que même si je vais au rythme de la tortue, côté trouvailles je n'envie rien au lièvre.